Eco-quartiers et expérimentations écologiques en ville

Entre dynamiques participatives et logique des usages. Une étude comparative en France et en Catalogne

Cette recherche porte sur des expérimentations écologiques en ville (écohabitat, aménagement de parcs en ville…). Il s’agit pour nous de ressaisir les modalités par lesquelles le problème environnemental est redéfini et pris en charge depuis les politiques publiques et comment en particulier des démarches de concertation font partie intégrante de ces expérimentations. Notre travail vise d’un côté à documenter l’institutionnalisation croissante de ces procédures de concertation. D’un autre côté, des initiatives alternatives échappent à ces dispositifs institutionnels, nous avons donc décidé de nous intéresser aussi à ces expériences menées en dehors des cadres institués de la concertation.

Concernant les dispositifs de concertation, nous faisons l’hypothèse que leur institutionnalisation croissante va de pair avec l’élaboration, par les participants, d’outils et de méthodologies toujours plus élaborés. Concernant les initiatives en marge, elles doivent nous permettre d’étayer une acception de la concertation comme faisant la place au conflit et au dissensus. Cependant ces expérimentations qui échappent aux dispositifs institutionnels ne leur sont pas, sur les terrains choisis, complètement extérieures. Elles sont en voie d’institutionnalisation ou en dialogue (parfois conflictuel) avec ces dispositifs.

Nous faisons aussi l’hypothèse que cette tension entre formes instituées et formes infra-institutionnelles tient pour partie au modèle français de la citoyenneté. La comparaison avec des initiatives espagnoles doit permettre de tester ce point et, plus largement, de mettre en évidence ce que les formes de concertation doivent au contexte juridique, politique, social, pour chacun des deux pays, Espagne et France.

Une démarche qualitative est privilégiée, consistant en la réalisation d’entretiens individuels approfondis avec les membres des différents groupes engagés (associations, collectifs informels, accompagnants, institutions…), d’observations (ateliers, réunions publiques…) et en un travail d’analyse documentaire. Des groupes de travail pourront être organisés sur chaque site afin de tester les conditions de possibilité de circulation des outils ou méthodologies élaborés pour chacun d’entre eux.

Des quatre terrains retenant notre attention, deux sont en France : le projet Eco-quartier de Montreuil (93), le squat des Pavillons Sauvages (Toulouse). Deux sont en Espagne : le Parc de Collserola et le projet autonome de Can Masdeu (Barcelone et agglomération). Deux s’inscrivent dans un dispositif de concertation (Montreuil et le Parc Collserola), les deux autres sont en marge des institutions bien qu’en cours d’institutionnalisation (les Pavillons Sauvages) ou en dialogue avec elles (le projet de Can Masdeu est articulé au Parc Collserola).